Dimanche 6 juillet 2008
 

Les Etats-Unis ont le Funk et le Dirty South, l'amérique latine a le Reggaeton, l'Angleterre a le Rock. La France a Lorie.
Et, outre la mauvaise foi évidente (mais néanmoins pas infondée) de ma précèdente phrase, parfois chez moi il y'a aussi du Funk.
Funk ? Mais heu...Funk...C'est quoi ça...? Le nom d'une nouvelle recette de Cyril Lignac ? Une nouvelle nuance du cercle chromatique tirée de la culotte d'Ingrid Bétancourt après 6ans de Koh-Lanta non stop ? Non. Ca doit être autre chose...

La question qui nous intérresse est donc : qu'est-ce donc que le Funk ?
La France n'aime pas trop le Funk...La pop oui, le rock un peu, la variétoche trop, (etc..) mais le funk c'est plus mitigé dans l'ensemble, pour diverses raisons. (cet article n'est pas à des fins sociologiques cependant).



Mais bon, il y'a des irréductibles. Si on dit 1964...Si on dit Papa's got a brand new bag. Non ? Toujours pas ? Par contre si on dit James Brown, là...Fatalement, ça doit vous  mettre le pouce à l'orteil. Et bien ce cher vieux James fait partie des éternels ambassadeurs du Funk. Je dis bien, ambassadeur, et non pas pionnier ni même inventeur, seulement son rôle est crutial parce qu'il a démarginalisé le Funk, démocratisé et surtout popularisé, comme Eddie Van Halen a popularisé le Tapping (cf : Eruption, Van Halen I, 1978) sans en être toutefois l'inventeur. Bien avant Mr.Brown et ses brushings, sa coke, et sa violence conjugale, le Funk naissait tout doucement, dans les "blackstreets" déjà bien ghettoïsés des Etats-Unis. Racines Jazz, Racines Soul, Racines Afro-américaines, tout est basé sur le rythme, les motifs sonores, la percussion, bref, pour résumer, une musique qui laisse surtout beaucoup beaucoup de place aux parties instrumentales.
Ainsi est la recette de base d'un bon Funk. Une musique qui se veut conviviale, chaleureuse, voire entrainante (le Funk a littéralement  explosé grâce au Disco notamment).
Le Funk est fascinant par sa missiblité et son apport à tous les autres mouvements parallèles ou qui en découlent directement. Une sorte de base, voire de "code" pour développer une certaine vision de la création musicale. Je parlais du Jazz, (et notamment du Free-jazz!) qui s'est approprié le Funk littéralement, par exemple. Ou d'autres mouvements émergents comme ce qu'on appelle le P-Funk (qui doit son nom aux deux groupes emblématiques Parliament et Funkadélic), un mouvement que je trouve extraordinaire avec son Funk Psychédélique.
De fil en aiguille, la musique évolue, les technologies beaucoup aussi (Les synthétiseurs arrivent, les fameuses beatbox etc), tout ça pour arriver tranquillement à l'aube des années 80 où le Funk connait sa denière mutation majeure : l'évolution de tendances nommées originellement Urban Funk qui ne sont autre que les prémices du Rap moderne.
Le Funk des années 80 est génial...par sa diversité, les mouvements qui partent dans tous les sens, l'apparition de labels et productions 100% funk, et la réelle émergence de génies du genre, comme le Funkmaster le plus titré de l'histoire : Prince !

Encore aujourd'hui, même si il est plus absorbé par les musiques actuelles, le Funk apporte énormément, au hip-hop, au R'n'b, et surtout aux Dj's qui n'ont cesse de puiser inlassablement leurs fameux samples, leurs breakbeats, dans l'histoire du Funk.
Il y'a énormément de groupes de Funk, qui pratiquent tous des choses différentes (ce qui est absolument incroyable en les écoutant d'ailleurs!), alors les citer tous serait difficile et fastidieux. Je propose les grandes lignes, les précurseurs, les génies :
George Clinton, James Brown, Parliament, Mandrill, George Duke, Sly and the Family Stone (le fabuleux album Stand!), Kool and the Gang, Earth Wind and Fire,Chic (pour les très (trop) comerciaux), (vous vous souvenez de Chic ! Avec l'immense Nile Rodgers!),et le Funkmaster......Prince !

Et puis on ne peut évoquer le Funk sans la portée ''socio-culturelle''. En effet c'est aussi cette musique qui a contribué grandement à amorcer une (petite mais notable) avancée de la reconnaissance du peuple noir, surtout aux Etats-Unis. Ainsi qu'un grand message de bordel ambiant, de "rien à foutre" qu'on retrouve dans les paroles, souvent débiles, qui sentent la sniffe, la picole, les orgies sous les boules à facettes, la démesure totale et l'extravagance (parfois plus de 30 musiciens sur scène). Funkadelic et ses costumes à faire passer Raël pour un mec normal, avec la soucoupe volante, les délires spacio-cosmico-dingos de Clinton, le son énorme, l'esprit dance-floor, les cymbales brillantes, les basses caoutchouteuses, les claviers intergalactiques de Worrell ... Tout ça renforcé par une sections de cuivres flamboyante de folie  (Le nom de la tournée : ''P-Funk Intergalactic Tour" , ça c'est à voir je vous assure !) bref : Les Seventies ! (Avec leurs violences aussi, je ne dis pas), mais qui nous changent quelque part des groupes trash-dépressifs qui malgré l'engoûment qu'ils suscitent actuellement , ne sont pas toujours (et c'est le moins qu'on puisse dire), des odes à la paix et la fraternité. Et comme disait Sly Stone : "La musique est le reflet du monde. Et tu sais quoi mon frère : quand tu le vois ce monde...J'ai la pétoche d'imaginer ce qu'on jouera en l'an 2000".

Nb : L'extrait musical est tiré de l'album "Subluxation" de Mother's Finest, sorti en 1990 chez Bmg.
commentaires (14)    ajouter un commentaire
publié dans : BLOG communauté : Vive le désordre !
Retour à la page d'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus